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Depuis le printemps 2008 je partage ici en photos mes balades pour vous faire découvrir ces deux beaux départements voisins, différents mais complémentaires, que sont la Drôme et l'Ardèche.

La liste des balades présentées géographiquement se trouve dans les onglets en haut de la page. Elles sont de niveau facile en majorité, le contraire est précisé.

Bonne balade ici et ailleurs.


D'autres photos de la région (et ailleurs parfois) avec moins de texte sur mon blog photos


Mention expresse est faite ici que je suis l'auteure de chacune des photographies mise en ligne sur ce blog et signées "LENA26" ou "lenabalades"

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mercredi 12 novembre 2014

Taulignan : la fontaine de Charroux (Drôme)




Cette cité médiévale située dans la Drôme provençale au nord de Valréas, est dominée à l'est par la haute montagne de la Lance et bordée au nord par les Bois de Taulignan qui offrent de nombreux sentiers ombragés aux promeneurs. Ombragés mais aussi protégés du vent, ce qui orienta notre choix de balade en ce jour de fort Mistral.

Parking au Pré Fabre, lieu de départ de toutes les balades. Mais auparavant, petit détour à l'office du tourisme à côté du Musée de la Soie pour se procurer quelques fiches randonnées du secteur. Un grand merci au monsieur qui nous les a donné gratuitement. La balade que nous envisagions aujourd'hui en fait partie, elle se nomme "la fontaine de Charroux". Elle est donc en principe bien balisée. Elle est classée moyenne, pour une distance de 15km.

Du pré Fabre nous rejoignons le premier poteau "Chemin des Tallabardes" alt.290m.

La fontaine de Charroux est annoncée à 5,4km, mais ce n'est pas le but de notre balade. Il nous faudra ensuite continuer jusqu'au col La Croix et descendre par un autre itinéraire pour former une boucle... enfin plus précisément un "8"



 Vous remarquerez que la randonnée "Cime de Rozier" que nous avions un temps envisagée est sur ce panneau supprimée.

Nous continuons le chemin des Tallabardes jusqu'à la route d'Aleyrac que nous coupons pour emprunter le chemin des Pies jusqu'au poteau "chemin de Sainte Font", même altitude. Un peu plus loin un troisième poteau nous invite à tourner à droite direction Les Auzières puis chemin de Fachet. Vous avez remarqué, pour l'instant c'est très bien balisé !

Et "Cime de Rozier" réapparaît !


Après ce petit échauffement, nous quittons doucement les dernières maisons de Taulignan pour nous enfoncer dans la végétation qui va progressivement changer.

Pour l'instant c'est chênes verts, buis et dalles calcaires sur lesquelles sont incrustées des centaines de coquillages fossilisés.







Edition du 12 mai 2017 : étant revenue sur les lieux pour m'apercevoir que des sauvages avaient pillé le sol des fossiles (qui étaient là rappelons le depuis des millions d'années) j'annonce qu'il s'agissait là de la dernière fois où j'indiquais leur présence lors d'une de mes balades. Erreur de débutante, j'avoue, mais cela m'a servi de leçon. Ces coquillages n'ont d'intérêt que dans ce qui est maintenant leur milieu naturel et non dans un tiroir.



 
Puis un peu plus loin nous sommes à l'abri des pins dont les aiguilles forment un tapis très agréable à fouler.


 Parfois la vue se dégage :


Je passe sur les bifurcations, c'est compliqué mais de toute façon bien balisé. Et l'on arrive doucement au lieu-dit "La Chèvre"


La végétation commence à se modifier, les pins et les chênes cèdent la place aux hêtres. On entre à partir de là dans les bois de Taulignan.


Les bois de Taulignan sont situés au nord de Taulignan, entre ce village et celui d'Aleyrac. Ils couvrent une pente exposée plein sud entaillée de nombreux ravins qui descendent en pente douce vers la plaine. C'est en longeant deux de ces ravins que nous allons effectuer la moitié de la randonnée.

Au bas du ravin de la Graille
 
D'ailleurs nous sommes actuellement au bas du ravin des Grailles, sur une piste forestière. Mais notre fiche rando ne prévoit pas la montée par cet itinéraire mais seulement la descente. C'est par le ravin de Charroux situé un peu plus à l'ouest que nous allons gagner le col la Croix via la fontaine de Charroux.


Et toujours un balisage efficace

Pour rejoindre le ravin de Charroux il faut monter ce sentier escarpé, traverser un chemin forestier, puis redescendre par une pente abrupte et d'autant plus dangereuse qu'elle est rendue glissante par un tapis d'aiguilles de pins, celles-là même que je trouvais pourtant agréables un peu plus tôt sur le plat. Cette partie là fut très technique, et sans l'aide du bâton de marche que m'a prêté ma partenaire de rando je n'aurais eu d'autre solution que de l'effectuer sur les fesses.... Un grand merci à elle.

 On continue à droite sur une piste carrossable, qui se transforme en sentier en s'enfonce dans les bois plus denses. Le tapis de feuilles crée une belle ambiance automnale en ce mois d'octobre, même si les arbres sont encore d'une belle couleur verte.


Au fond du ravin de Charroux, est censé couler un ruisseau. Mais nulle trace d'eau ici, et c'est en fait dans le lit de ce ruisseau que nous avançons.

Nous passons alors devant deux vieilles charbonnières (c'est écrit dessus)


 Un peu plus loin, nous nous retrouvons soudainement à découvert, cette forêt est exploitée et les tronçonneuses ont fait leur œuvre sur certaines parcelles.


 Et l'on replonge dans l'obscurité du sous-bois.


 Plus on avance et plus l'atmosphère devient étrange. En cause l'ambiance feutrée du tapis feuillu, l'absence de vent, de chants d'oiseaux, le cadre intimiste et l'obscurité formés par la frondaison des arbres... Je me félicite presque de ne pas être seule dans cette balade comme je le suis à mon habitude.



 Et puis soudain un sol plus humide et au bout un trou d'eau cerné de pierres. Pas de doutes, il s'agit de la fontaine de Charroux.
 

 Dans le temps elle a dû être plus importante. Peut-être aussi que son débit dépend des saisons....





A partir de là, le balisage quitte le ravin pour le longer d'en haut, toujours sous la hêtraie.



En raison des feuilles glissantes et de la pente, certains passages sont difficiles.

Sous la hêtraie c'est l'occasion de parler de cette astuce mnémotechnique qui permet de différencier un charme d'un hêtre : "Le charme d’Adam c’est d’être à poil !". En d'autres termes les feuilles du charme sont finement dentées alors que les jeunes feuilles de hêtre ont de fins poils blancs.


On sort du bois et l'on continue sur un chemin toujours en longeant le ravin, toujours à sec... On débouche alors sur un chemin plus important que l'on suit sur la droite et qui nous mène rapidement au col de la Croix... sans croix.... à une altitude de 671 mètres.



Ici le soleil domine, mais la vue est bouchée, contrairement à ce que j'espérais... Nous tournons à droite et passons la barrière. A partir d'ici nous sommes sur le chemin du retour, pour l'instant une piste carrossable. De sévères tailles nous permettent parfois d'apercevoir les paysages au loin.


 Après 25mn de marche, prendre au carrefour des pistes à gauche. Puis rapidement un petit sentier à droite (marques jaunes) nous fait entrer à nouveau dans les bois.



De nouveau nous retrouvons sur notre gauche un ravin, parfois vertigineux, et cette fois c'est le ravin des Grailles, et lui aussi est à sec.



Au passage voyez cette biquette transformée en arbre pour avoir voulu s'évader une énième fois pour voir si l'herbe était plus verte ailleurs...


Au bas, le vertigineux ravin des Grailles
En fin de ravin, quelques traces d'eau, et retour à la Chèvre, au croisement des deux boucles de notre "8". Cette fois nous poursuivons tout droit.

Nous retrouvons notre paysage de plaine et de cultures avec ces chênes truffiers et ces lavandes qui sont la richesse de la région.


 La montagne de la Lance se dévoile.


Nous marchons un moment sur le goudron, puis il faudra traverser la route D809 qui mène de Taulignan à Aleyrac et la suivre très peu de temps sur la gauche avant de bifurquer à droite. Ensuite j'avoue que l'on a perdu un instant le balisage mais nous nous somme dirigées naturellement vers le sud et nous l'avons retrouvé.


 Le clocher en vue, nous savons que nous sommes bientôt arrivées au Pré Fabre.
 




Fin de la balade...



En conclusion, une balade très variée sur un terrain vallonné où l'on enchaîne garrigue ensoleillée et forêt ombragée, dalles calcaires et tapis de feuilles ou d'aiguilles, terrain plat et dénivelé progressif, cols et ravins. Au mois de novembre la forêt devrait être plus lumineuse, mais sur un terrain détrempé... La montée dans les bois est facile car progressive. Toutefois la longueur de la balade et les quelques passages difficiles font que je ne la recommande pas aux plus jeunes. Pour une balade plus facile et plus courte, il suffit de faire uniquement la boucle de la Chèvre.


jeudi 30 octobre 2014

Mirabel : petite balade du village à la tour (Ardèche)

Mirabel, village ardéchois situé dans le sud du Coiron est riche d’intérêts. L'article d'aujourd'hui met l'accent sur le village bâti contre une coulée de lave qui date de la formation du massif volcanique du Coiron il y a 7 millions d'années, et sur la tour qui le surplombe et domine le nord de la vallée.




Le Coiron se distingue nettement dans le paysage : falaises noires, maisons sombres faites en pierres basaltiques. Nous allons voir que Mirabel n'échappe pas à ces deux caractéristiques.


Déjà l'accueil est sympathique puisque du parking à l'entrée nous avons une vue magnifique sur la vallée, avec le village de Lussas plein Ouest et celui de St Laurent Sous Coiron, le voisin encore plus haut perché, au Nord.


Lussas (et Aubenas en arrière plan)
Saint Laurent sous Coiron et son belvédère


Pour entrer dans le village il faut passer sous un porche qui montre que Mirabel est un ancien village fortifié.




Ce niveau de fortification correspond à celui construit au 14ème siècle, lorsque le bourg se développe et que les premières fortifications deviennent insuffisantes.








Ici est la porte du faubourg du 13ème siècle. Niché contre l'éperon volcanique du Coiron il protégeait l'accès à la forteresse par le sud.

Si l'on file vers l'est sans entrer dans le faubourg du 13ème, vous passerez sous une porte clocher. Contrairement aux apparences l'édifice attenant n'est pas l'église du village mais la chapelle Saint Joseph. L’église paroissiale Saint-Étienne est située quant à elle très en dehors des anciens remparts.


Porte de la chapelle St Joseph
Porte des fontaines et arrière de la chapelle St Joseph


De cette place partent deux balades d'inégales longueurs. Je vous propose aujourd'hui la plus petite, destinée à découvrir les alentours immédiats du village.(clic ici pour la plus grande balade)

Retournez vous et passez à gauche de la croix. En haut à gauche un sentier débute, un panneau indique "les rencontres du bousquillon". C'est parti :





 Arrivé à cet endroit, ce n'est pas indiqué mais il faut grimper sur la roche à gauche et passer entre le rocher et la falaise pour s'élever et atteindre très rapidement le plateau. Ne continuez pas tout droit, c'est propriété privée.






Les falaises basaltiques se dévoilent

Très rapidement on accède sur le plateau où nous attend une sorte de poste de garde...



... et une belle vue sur les falaises.


En contrebas le sentier que l'on a quitté

un sentier herbeux nous rapproche de la "sentinelle du Coiron"
 





C'est le moment de parler de la forteresse qui siégeait ici, et dont la tour et quelques pans de murs sont les uniques témoins.

Fin 13ème siècle, ce n'est pas un mais deux châteaux qui composent la forteresse. A l'est le château de seigneurs originaires d'Arlempdes en Velay : les Mirabel, à l'ouest le château propriété des de La Gorce. Il ne fallait pas craindre les problèmes de voisinage...

Justement, au 17ème siècle, les deux familles seigneuriales qui occupent alors le château, dont l'une est protestante, l'autre catholique, entrent en conflit. Gabriel II de Mirabel (protestant) s'empare du château du seigneur Flotte de la Roche (catholique)


La tour de Mirabel, unique vestige de la forteresse, correspond au donjon du château Ouest (catholique)

En 1628, les protestants d'abord assiégés sont délogés par les armées de Richelieu.

Le château protestant est rasé, la ville incendiée.


Après la Révolution, les matériaux sont récupérés pour les besoins de l'habitat local. Ce qui reste sert de remise et de pigeonnier.

De cette époque il ne reste donc que le donjon, un des rares encore aussi bien conservé. Depuis 1970, il est restauré et consolidé par son propriétaire.



 Les murs sont bâtis en pierres de basalte, tandis que le calcaire, plus facilement taillable est utilisé pour les encadrements et les pierres d'angle.


 

Ajoutons que la tour fut utilisée comme tour de guet pendant la seconde guerre mondiale et servit à émettre des signaux pour les parachutages de l'aviation alliée.

De la tour nous avons un point de vue intéressant sur les toits de Mirabel.


Il est temps de redescendre en contournant la tour pour l'observer de différents points de vue :


Sous la tour


et on peut en profiter pour visiter le bourg du 13ème que l'on avait délaissé.




Une petite balade mais qui vous prendra beaucoup de temps d'admiration si vous aimez les vieilles pierres et les beaux paysages du Coiron.



 Une prochaine fois, je vous proposerai une plus grande balade autour de Mirabel.

D'autres photos du village et alentours ICI  








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