Bienvenue

Depuis le printemps 2008 je partage ici en photos mes balades pour vous faire découvrir ces deux beaux départements voisins, différents mais complémentaires, que sont la Drôme et l'Ardèche.

La liste des balades présentées géographiquement se trouve dans les onglets en haut de la page. Elles sont de niveau facile en majorité, le contraire est précisé.

Bonne balade ici et ailleurs.


D'autres photos de la région (et ailleurs parfois) avec moins de texte sur mon blog photos


Mention expresse est faite ici que je suis l'auteure de chacune des photographies mise en ligne sur ce blog et signées "LENA26" ou "lenabalades"

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dimanche 31 août 2014

Bourg St Andéol : les dolmens du bois des Géandes (Ardèche)

L'Ardèche est l'un des départements qui présente la plus forte concentration de dolmens.

Rappelons que les dolmens sont des tombeaux collectifs construits pour la plupart avec de grandes dalles de calcaire extraites sur place, entre environ 3000 et 2000 avant notre ère.

Un sentier dans la garrigue du Bois des Géandes à Bourg St Andéol passe à proximité d'une petite collection de six  dolmens sur une courte distance, et il est donc aisé et tentant, à condition de trouver les lieux, d'aller s'y promener (NB : il y a en fait sept dolmens mais le 7ème doit être bien caché...)







La commune n'a semble t'il pas souhaité mettre en avant ce parcours, sans doute pour protéger ces monuments relativement bien conservés, alors merci de respecter les lieux. Des visites sont toutefois organisées par l'office de tourisme en saison. 

Autrefois le bois s'appelait les Jayandes, qui signifierait "géantes", les êtres capables d'ériger de tels édifices. On trouve également l'appellation "Nécropole des Géandes" ou "Bois des Géantes". Le départ de la balade se situe à proximité de la route D358 entre Bourg st Andéol et Bidon, à droite de la route dans ce sens, peu après le pont de Malpas. Il y a une large place pour se garer, à proximité d'une ruine. De là un chemin carrossable s'enfonce dans la garrigue.

Lorsque nous nous y sommes rendues, nous ne savions pas exactement où trouver ces mégalithes, transformant ainsi notre balade en une recherche ludique qui ne fut pas sans nous déplaire.

Pour l'instant, nous suivons bien sagement le chemin qui passe sous les lignes à haute tension.

NB : l'article a été enrichi de nouvelles photos en avril 2019 soit 5 ans après jour pour jour. Vous les reconnaitrez facilement, l'ambiance était différente...
 

 Le dolmen n°1, dans l'ordre de découverte, fut assez facile à trouver à notre grande surprise puisqu'il est visible du chemin, sur la gauche, aux environs de l'embranchement avec le chemin menant à la chapelle de Chalon et sous la ligne à très haute tension.




C'est un dolmen bien ruiné. Il lui manque sa dalle de couverture.


Dolmen n°1

Pour protéger les corps les dalles étaient recouvertes d'un monticule de pierres et de terre appelé tumulus.

Les suivants nous attentent, nous repartons en quête. Le premier dolmen est situé à l'écart des suivants qui sont plus regroupés. A chaque intersection prendre à droite.

Pour le deuxième (dans l'ordre de placement  le long du chemin) nous avons un peu plus farfouillé. Il se trouve à l'écart de la voie. Nous avons enfin vite compris que des marques orange au sol matérialisaient la présence latérale d'un dolmen. (MAJ du 12/04/2019 : les marques oranges ont été remplacées par des points verts !)

Trouvé !




Dolmen n°6

 Nous continuons sur le chemin bordé d'iris.




 Le troisième dolmen  fut notre préféré, d'ailleurs c'est ici qu'on s'installera pour se ravitailler.





Dolmen n°5






 La présence de certains dolmens est aussi signalée par des cairns.


Sur la photo, un cairn et la fameuse marque orange sur le sol qui signale la présence d'un mégalithe. Ces dolmens ont en effet été fouillés, inventoriés et classés aux Monuments Historiques à la fin du XIXème siècle. Ce numéro correspond au classement du service régional d'archéologie.


Mais pour nous c'est le quatrième dolmen dans l'ordre des découvertes.


Dolmen n°2



 Notre cinquième dolmen :



Dolmen n°3




 Sa table de couverture est présente mais elle a basculé au sol.


 Un couloir à l'entrée permettait d'accéder à la chambre pour y déposer le défunt. Des offrandes étaient déposées près des corps.


Il faudra marcher très peu pour trouver l'ultime.  Le dernier est signalé par un cairn (maj du 12 avril 2019 : de nombreux mini dolmens balisent le chemin) :

2014
2019

 et il nous réserve une surprise :






Dolmen n°4


 La présence du dolmen, d'ailleurs effondré, est occultée par celle d'une construction de pierres sèches à ses côtés. Un escalier permet d'accéder à son sommet. Il s'agirait d'une tour de guet destinée aux bergers et daterait de la fin du XIXème.


Dolmen n°4

Après avoir découvert tous ces trésors, témoins lointains d'une civilisation disparue, il ne nous reste plus qu'à nous en retourner.

Il est important de respecter ces lieux, historiques et sacrés.




Source

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lundi 7 juillet 2014

Le Pouzin : le couvent des chèvres (Ardèche)

Cette toute petite balade que je préfère qualifier de promenade n'est pas pour autant privée d'intérêts : premièrement sa relative brièveté peut être un avantage si comme moi vous avez réussi à tirer de sa torpeur votre ado récalcitrant à tout effort musculaire pédestre sans rapport avec son sport favori et à l'entrainer, voire le trainer, avec vous au prix de grognements sourds et d'implorations plaintives telles que "Marcher ? Mais pourquoi faire !".
Ensuite -et cela vaut même sans ado- la balade présente aux moins deux autres attraits que sont un panorama grandiose sur le village, la vallée du Rhône et les pré-alpes, et la visite de vestiges de l'église romane d'un prieuré clunisien.

Tout d'abord le couvent des chèvres, but de notre déplacement d'aujourd'hui est situé sur un plateau calcaire dominant le village du Pouzin en bordure de la vallée du Rhône en face de la confluence entre la rivière Drôme et le Rhône.

Le départ de la balade est situé au panneau info-rando situé lui aussi non loin d'une autre confluence, celle de l'Ouvèze et du Rhône.



Le site étant non loin du tracé d'une variante du GR42, le GR42a, et ayant repéré le couvent sur la carte nous nous dirigeons plein nord, et traversons l'Ouvèze, en suivant les célèbres traces rouge et blanche.




Le célèbre Pont romain du Pouzin n'étant pas loin, nous nous écartons provisoirement du tracé pour aller l'admirer de plus près.



Ceci-fait, nous reprenons notre chemin, en remontant la rue Olivier de Serre, plein nord en face de la passerelle. 




Passés ce panneau et le cri de désespoir de l'ado à la vue de l'énorme distance encore à parcourir, et arrivés en bout de rue, nous bifurquons à gauche dans la "rue de Rompon" qui malheureusement pour l'ado prend un sens ascendant ce qui a pour effet d'accentuer les grognements.

La petite rue se transforme vite en sentier champêtre et la vue se dégage du côté où coule le fleuve rhodanien.


 

Ce petit sentier éclairé et chauffé par le soleil matinal est très agréable, il fait vite oublier le tumulte de la ville très passante et de la route départementale 86 très fréquentée pourtant juste en contrebas. 


 


On s'enfonce un peu en direction du plateau à l'ouest

ça monte en grognant




Puis le panneau "les Pendus" nous indique l'endroit où il faut quitter le balisage du GR pour suivre la trace jaune et blanche du PR nous menant au couvent des chèvres. Je rassure l'ado devant le petit 500m qu'il reste à parcourir. Il ne le sait pas encore mais la montée sera incessante à partir de là (et les gémissements aussi).


L'ado reprend des forces

L'ado reprend des forces à l'ombre


Le panorama se dévoile de plus en plus au fil des mètres parcourus



Le point de confluence entre la Drôme et le Rhône apparait soudain.


 L'ado quant à lui est quelque part loin derrière, sans que je me fasse trop de souci, le chemin est bien balisé.







C'est alors qu'arrivés tout prêt du plateau, trois rapaces qui tournoyaient se signalèrent notre présence par des sifflements. Munie de cette photo je pensais pouvoir les identifier facilement sur le net, mais celui-ci s'avéra finalement aussi limité que moi.... Le plumage me faisait penser à un circaète, mais absolument pas la queue qui est plutôt longue ici. La queue me faisait penser à un épervier mais pas l'allure qui est plutôt trapue. Je ne vois qu'une solution, si malgré mes longues recherches je n'y arrive pas c'est qu'il s'agit peut-être d'un rapace juvénile dont l'apparence va changer en vieillissant. Si un connaisseur veut bien m'aiguiller ici, j'en serais reconnaissante.

Laissons tomber les rapaces qui se sont finalement enfuis pour accéder au plateau. L'ado va pouvoir souffler. Les ruines ne sont pas loin, d'ailleurs on les aperçoit :
 

Mais lorsque l'on s'approche....



Un grillage y interdit l'accès, au son de ricanements pubères : "Tout ça pour ça !"
On est loin du temps où les ruines étaient accessibles à tous, même enfouies sous la végétation comme l'on peut voir sur ces vieilles photos.

C'est pour mieux les préserver d'autant qu'elles ont été classées monument historique. C'est aussi pour protéger le public car les ruines menacent toujours de s’effondrer, comme le fit la voute en cul de four en 1998 à cause de la neige. Dommage pour les photographes. Aussi je n'aurais qu'une requête à faire : un grillage un peu moins étroit à hauteur d'homme pour les objectifs photos, merci d'avance (ça ne coûte rien d'essayer).


 
Un panneau d'informations nous renseigne. 



On y apprend que le couvent des chèvres se nomme aussi Prieuré de St Pierre de Rompon. Une occupation du site à vocation uniquement religieuse était connue dès la fin du VIIème siècle mais des fouilles récentes motivées par le projet d'extension de la carrière Lafarge propriétaire du terrain et la découverte de céramiques et de monnaies témoignent d'une occupation fin IVème, à l'époque gallo-romaine.

Et ces fouilles ont permis également de mettre en évidence une enceinte fortifiée datant de la fin du bas empire (fin VIème) aux murs de 1,80m de large, dont la construction fut vraisemblablement motivée par la situation du site, entre royaume burgonde et wisigothique.
Le site étant consigné en 950 dans un acte des anciennes donations faites à l'évêque de Viviers, la présence d'une église semble établie dès le VIIème siècle. 



Ce qui est sûr c'est que le site fut l'objet d'un don en 977 à l'abbaye bénédictine de Cluny. Le don comprenait le territoire du plateau, les deux églises qui y étaient construites ainsi que les redevances attachées c'est à dire le péage pour les marchandises qui transitaient par terre et par eau par Le Pouzin, ainsi que douze serfs, à condition que la congrégation construise ici un monastère et y envoie des moines. Le prieuré est donc ainsi une des plus anciennes fondations clunisiennes de la région. 


L’apogée du prieuré se situe au début du XIIème. Le prieuré est alors important de part l'étendue de ses possessions et comporte douze moines et son prieur vivant selon la règle de St Benoit. Il devait posséder réfectoire, dortoir et chapelle. Les restes de l'église romane visibles de nos jours datent de cette époque. Le prieuré se maintient jusqu'au XVème. Son abandon est dû en partie aux guerres de religion et à la Révolution.

Le couvent des chèvres témoigne d'une occupation caprine passée puisque aujourd'hui c'est un troupeau de moutons qui occupe la dépendance attenante et entretient les lieux.






Début 2014 une association chargée de veiller à la protection du site a vu le jour.

Nous concernant, ayant fait rapidement le tour grillagé du propriétaire, il ne nous reste plus qu'à redescendre par le même itinéraire, ce qui sera fait beaucoup plus rapidement que la montée et surtout avec beaucoup moins de gémissements.





+ panneau d'information sur place

dimanche 22 juin 2014

Réauville : la sablière (Drôme)


 
Aujourd'hui un court article pour une sortie écourtée par une quasi canicule. Mais on y retournera comme on dit toujours !

Je me rappelais vaguement avoir fouillé le sol étant petite quelque part dans la Drôme à la recherche de dents de requin, mais impossible de savoir où exactement (j'étais vraiment petite). Et bien maintenant je sais ! Il s'agissait probablement de la carrière fossilifère à ciel ouvert de Réauville. La présence de dents de requins mais aussi d'autres fossiles témoigne de l'existence d'une mer ici il y a 25 millions d'années.



Au Miocène, la mer remonte le couloir rhodanien, Réauville est sous les eaux. Les sédiments déposés dans les fonds marins ont recouverts et conservés les restes d'animaux qui peuplaient les fonds. Les couches se superposent, des plus anciennes au plus récentes. Il y a deux millions d'années, la mer s'est retirée. Puis l'érosion fait affleurer les différentes couches, laissant apparaitre les restes d'animaux devenus fossiles au fil des millénaires

Pour m'y rendre j'ai d'abord jeté un oeil sur ma carte IGN car sinon elle n'est pas précisemment localisée sur le net. Je vais donc essayer d'être plus précise :

En arrivant du sud, prendre dans Réauville la route d'Allan. Au niveau du cimetière et de sa place ombragée, tourner à gauche, devant les poubelles. Un petit panneau indique "La Sablière de Réauville" à 700 mètres. L'itinéraire est déconseillé aux poids lourds, en raison de l'étroitesse de la voie.











Un parking nous reçoit, équipé de toilettes sèches. Il fait déjà chaud, et pas un seul point d'ombre. Mais pour l'instant :



L'endroit est libre d'accès, un sentier aménagé nous entrainera à la recherche des fossiles et de sept panneaux d'information nous présentant les lieux d'un point de vue géologique, historique ou botanique. 



Le premier panneau nous présente le plan de la sablière et nous donne quelques consignes de sécurité et de bonne conduite, notamment pour préserver les lieux il est interdit de faire des feux ou d'utiliser des outils pour dénicher les fossiles. Non seulement les outils abîment le sol (et les fossiles) mais ceux qui les utilisent laissent moins de chances aux suivants de faire des trouvailles intéressantes. Alors merci de penser à la nature et aux prochains !


Baguenaudier


Pour l'instant nous prenons le parti de nous familiariser simplement avec les lieux en suivant sagement le sentier au lieu de nous précipiter au sol. Nous arrivons ainsi rapidement devant les carrières, dont l'accès est interdit par du grillage.



Cette carrière a longtemps été exploitée pour son sable. En principe un panneau devrait nous en apprendre plus sur le sable mais son état le rend illisible. Nous allons malheureusement découvrir que la plupart des panneaux sont dans un piteux état, détériorés ou inaccessibles du fait de l'envahissement de la végétation et donc du manque d'entretien général.

Un autre panneau très intéressant à proximité mais là encore en mauvais état nous montre ce que nous pourrions avoir la chance de découvrir ici : des mollusques bivalves ou plus fréquemment simplement des morceaux, des coraux, des dents de sélaciens, requins et raies, dont le squelette cartilagineux s'est lui désintégré.

Le sentier poursuit dans la forêt et nous soufflons un peu à l'ombre de la dense yeuseraie, la forêt de chênes verts. Un panneau nous présente les insectes qui la peuplent. 


 
Avant cela nous aurions eu la possibilité de nous diriger vers les tables de pique-nique que proposent aussi le site, mais nous nous dirigeons vers ces ruines en dérangeant un gros serpent qui se dorait au soleil et nous fait part de son mécontentement en sifflant.




Nous continuons le chemin, un dernier panneau très usé voudrait nous parler de la molasse, cette roche sédimentaire est ici sableuse et a servi aux hommes pour cimenter les pierres de construction. Mais la molasse peut aussi être très compacte, comme celle de Saint Restitut qui a servi à bâtir l'église et la Mairie de Réauville. 

La petite boucle instructive terminée, nous nous jetons au sol pour commencer la fouille, outillées seulement de nos mains et de bons yeux. La tâche s'annonce compliqué, le sol a déjà été fouillé depuis plusieurs générations. Je ramasse quelques morceaux de bivalves. Il fait très chaud, pas un brin d'air mais nous nous fixons le devoir de trouver au moins une dent de requin avant de repartir. Les minutes avancent sans succès, nous commençons à nous décourager. Derrière le buisson là je suis sûre que peu de personne n'y est allé. Pari gagné ! Chacune est reparti avec sa seule et unique dent de requin trouvée par elle-même. Nous pouvons partir, transpirantes mais heureuses du devoir accompli. 


Pour résumer, une balade familiale, ludique et pédagogique, à ne pas faire par forte chaleur car le site de fouille n'est pas ombragé. Mérite que des mécènes rénove l'endroit !






Notre trouvaille :






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