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Depuis le printemps 2008 je partage ici en photos mes balades pour vous faire découvrir ces deux beaux départements voisins, différents mais complémentaires, que sont la Drôme et l'Ardèche.

La liste des balades présentées géographiquement se trouve dans les onglets en haut de la page. Elles sont de niveau facile en majorité, le contraire est précisé.

Bonne balade ici et ailleurs.


D'autres photos de la région (et ailleurs parfois) avec moins de texte sur mon blog photos


Mention expresse est faite ici que je suis l'auteure de chacune des photographies mise en ligne sur ce blog et signées "LENA26" ou "lenabalades"

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mercredi 13 mai 2015

Bollène : le village troglodytique de Barry (Vaucluse)



Le plateau de Barry au nord de Bollène  et à l'extrême nord du Vaucluse, a été occupé sans interruption depuis la préhistoire jusqu'au XIXème siècle. En ces lieux on trouve encore aujourd'hui des vestiges de ces différentes occupations :

- les traces d'un oppidum gaulois. Beaucoup d'historiens voient dans Barry Aéria, la principale cité des Tricastini, peuple Celto-Ligure, décrite par l'écrivain et géographe grec Strabon à l'époque de la Conquête des Gaules (18 av.JC). La découverte d'une quantité considérable de monnaies et médailles antiques à proximité du site atteste en tout cas d'une occupation romaine, tout comme la proximité de St Pierre de Sénos qui dépend aujourd'hui de Bollène, et qui occupe l'emplacement d'une ancienne ville romaine nommée Senomagus. Au nord également, l'ancienne cité épiscopale de St Paul Trois châteaux dans la Drôme, l'ancienne Neomagus ou Augusta Tricastinorum des Romains.

- les vestiges d'un village médiéval défendu par un château fort. Construit au XIème ou XIIème siècle dans un but uniquement militaire, il n'a pas été habité par un seigneur.

- les ruines d'un village troglodytique, l'objet de mon article aujourd'hui, l'un des plus grands et plus remarquables de France. L'emplacement d'un village troglodytique ici s'explique non seulement par la situation idéale contre le rocher exposée plein sud, donc à l'abri du Mistral et ensoleillée (par opposition au village médiéval exposé aux vents) mais aussi par la présence d'une roche tendre facile à tailler.
































Pour appréhender le village en son entier il faut prendre un peu de hauteur à l'écart pour voir des maisons disposées en amphithéâtre contre le rocher.






Une information importante toutefois à connaitre : le site est fermé par arrêté municipal suite à des éboulements de terrain. Cependant il est permis d'emprunter les chemins de randonnées et par conséquent on peut estimer qu'il est toléré de traverser le village sans entrer dans les maisons. A savoir aussi que cet arrêté n'a pas eu pour effet de freiner la fréquentation du site car aux beaux jours c'est près de 200 personnes qui le visitent. On peut à juste titre regretter ces éboulements et les interdictions consécutives puisque le principal attrait des lieux est justement l'intérieur des maisons où l'on remarquera la manière dont sont agencées les pièces et les vestiges qui permettent de s'imaginer comment était la vie quotidienne ici dans les temps reculés.




On s'accorde à donner comme origine à Barry le mot celtique Bar qui signifie rempart, muraille, lieu fortifié.


















































La plupart des habitations sont creusées dans une molasse sableuse appelée safre mais la façade est bâtie et surmontée d'un petit bout de toiture. Les linteaux et encadrements des portes et fenêtres sont eux taillés dans une molasse blanche souterraine plus solide.




Les maisons se présentent toutes avec une pièce principale autour de laquelle sont creusées différentes alcôves ainsi que des placards ou rangements. Dans la pièce principale une cheminée, un évier en pierre et parfois un fourneau potager, c'est à dire un foyer de braises destiné à faire mijoter les potages ou maintenir au chaud les plats.

Fourneau potager

Four à pain


Evier


Les habitants vivaient ici en communion avec la pierre, omniprésente dans leur vie, elle leurs servait de toit et de meubles. Le village semble avoir connu son apogée au XVIIIème siècle avec 478 habitants pour 88 foyers.








Les habitants de Barry travaillaient à la carrière, élevaient le ver à soie ou vivaient de l'élevage et de la culture en restanques. Concernant l'alimentation en eau, le plateau n'est pas parcouru par des cours d'eau, on trouve traces de citernes et de systèmes de récupération de l'eau de pluie à travers la roche sous la forme d'un aqueduc souterrain sous le village qui alimentait la fontaine.






 
La fontaine du village




Vous passerez devant la chapelle ND d'Espérance restaurée récemment. Son abside est taillée dans le roc.




Le village fut abandonné à la fin du XIXème siècle, les habitants alarmés par des éboulements parfois mortels trouvèrent refuge dans la plaine à St Pierre de Sénos. Tout début XXème il ne reste que deux habitants sur les lieux.

Traces d'éboulement

Une association "Barry Aeria", qui succéda aux "Amis de Barry" tente de continuer la sauvegarde de ce patrimoine entreprise par l'association précédente pendant plus de vingt ans mais se heurte à des impondérables. Les travaux sont considérables par leur ampleur et leur cout. Le site étant interdit d'accès, leurs membres ne peuvent engager d'actions sur le terrain. La municipalité a pour l'instant entrepris des travaux d'expertise afin de sécuriser la falaise qui présente des fragilités. Des demandes de subvention sont en cours pour un projet global de sauvegarde et de sécurisation. Il faut savoir que le site est en grande partie privé, divisé en multitudes de parcelles, ce qui complique encore la tâche.


Maison bourgeoise



























Le cheminement naturel à travers le village vous mènera à la table d'orientation,






 avec vue sur la ville de Bollène, le canal de Donzère-Mondragon et l'écluse, le Mont Ventoux, les dentelles de Montmirail, les Monts d'Ardèche...










... et la centrale nucléaire de Tricastin...









Le site de Barry, témoignage d'un mode de vie rudimentaire, de par son ampleur et sa singularité mérite grandement d'être sauvé.



















jeudi 30 avril 2015

Le Pègue : ocres, ruines et prieuré (Drôme)

Cette courte balade présente néanmoins de multiples intérêts : la découverte du camaïeu de falaises d'ocre, la visites des ruines du château de la Viale, un panorama sur la plaine de Valréas, un prieuré bénédictin de Cluny bâti sur un lieu de culte antique. Et en prime la visite du village médiéval du Pègue et sa jolie chapelle, bel exemple d'art provençal roman.

Le départ se situe d'ailleurs dans le village du Pègue. Je lui réserve une visite plus approfondie pour le retour.


 PS : cet article intègre des photos prises à un an d'intervalle lors de la même randonnée.

Après s'être garé devant la mairie et l'école, prendre la rue qui monte et tourner à gauche devant le musée archéologique. Traverser le pont puis à droite, suivre la route en direction du hameau du Célas.












Avec la montagne de la Lance en arrière plan


Après un bon kilomètre, on arrive à un petit pont. Ne pas traverser, mais prendre le chemin qui semble monter dans la vigne.

Vue sur Le Pègue


De là prendre le chemin qui part à droite en longeant des chênes (balisage jaune). On entre alors dans le bois par un sentier qui monte le long du ravin de Combeau par la gauche. En cette mi-avril, la chaleur est accentuée dans ces lieux aux pierres calcaires et protégés du vent. J'aperçois une... bête, masquée par la végétation. Ce n'est pas un sanglier, mais quelque chose de plus gracieux qui s'enfuit avant d'avoir pu être identifiée. Je range l'appareil photo...

Un an plus tard, plus nombreux et plus bruyants





Après une bonne montée d'un 1/4 d'heure, le sentier débouche sur un autre qu'il faut prendre à droite, et très rapidement prendre un  nouveau sentier à gauche sous les arbres qui descend sur le flanc d'un nouveau ravin, le ravin de Bruges.



La vue s'élargit pour laisser apparaitre au delà du ravin, les falaises d'ocre auxquelles le sentier va mener...





...ainsi qu'une autre étape de notre parcours :


les ruines de la Viale au loin.

Mais auparavant, concentrons nous sur les falaises d'ocre qui ne seront plus très loin une fois franchi ce torrent, qui bien que pratiquement sec, mérite un peu d'attention pour ne pas glisser.






Paysage lunaire avant la falaise d'ocre


 


Le sentier arrive au bas des falaises qu'il faut suivre sur la gauche.











On longe le ravin tout en admirant le panorama sur la plaine au loin.





Toujours direction les ruines de la Viale



Après une courte montée très pentue, le sentier débouche sur une piste assez large, lieux que je reconnais immédiatement pour y avoir déjà été fin janvier 2009.

Pour un parcours en sens inverse prenez garde au sentier à droite avant le panneau

De là il ne s'agit pas de redescendre par la piste comme l'indique ma fiche rando, mais d'au contraire remonter légèrement jusqu'au panneau ci-dessous :


Pour suivre la direction de deux nouveaux centres d'intérêts : les ruines du village de la Viale et la table d'orientation;



Tout d'abord la Viale, l'ancien village médiéval fortifié de Montbrison. Fin XIème début XIIème, s'élevait ici le château des barons de Montauban, premiers seigneurs connus de Montbrison autour duquel se regroupèrent des maisons de paysans et une église. Une muraille fut construite, avec une porte monumentale à l'est et des éléments de défense.






Autour de l'enceinte, des ruines de maison, dont celle-ci, qui dut appartenir à un propriétaire aisé si on en juge par le nombre de génoises : en effet, avant la Révolution, le nombre de rangs était considéré comme un témoignage de statut social : les roturiers n'étaient autorisés à avoir au maximum que deux rangs de génoises en bord de toiture, les propriétaires plus aisés étaient autorisés à en avoir jusqu'à cinq, c'était un privilège nobiliaire.











Et à proximité dans une grange taillée dans le rocher, cette ancienne machine agricole vouée à une triste fin. Elle servait au vannage des céréales c'est à dire au nettoyage des grains pour le débarrasser de ses impuretés, morceaux de paille ou épis. On le nomme van (mécanique) ou tarare.



Quoi qu'il en soit, on ne peut nier que les habitants des lieux avaient une belle vue :




Le Mont Ventoux


Jusqu'à 300 personnes vécurent à la Viale qui fut peu à peu désertée pour les terres agricoles de la plaine.

Continuons le chemin, qu'un énorme rocher tombé depuis 2009 encombre. Heureusement on peut en faire le tour sans trop de contorsions...




on arrive à un nouveau panneau qui nous indique la direction à suivre, but de cet aller-retour bonus : la table d'orientation de Montbrison que l'on atteindra après une courte grimpette.





Elle vous fera découvrir un panorama qui s'étire du mont Ventoux aux Monts du Vivarais, et vous donnera des informations sur le vieux village.




Le village de Taulignan



 Ce n'est pas dit dans les livres mais on peut continuer la grimpette jusqu'au point le plus haut.






Et si l'on regarde plus bas, on retrouve la maison de notre riche propriétaire


Plus haut des éléments de la muraille.





Après cet état des lieux il ne reste plus qu'à redescendre...









Après cet aller-retour qui mérite d'être effectué, il est temps de reprendre le parcours là où nous l'avions interrompu. Il faut donc revenir sur la piste et la reprendre en descente en direction du prieuré, non sans être passé à proximité de quelques ruines supplémentaires.


ni devant les panneaux d'informations botaniques qui agrémentent la descente et qui servent de balisage.


Après avoir traversé un gué au fond du ravin du Rocher rouge, passé une grande bâtisse et retrouvé le goudron, on arrive au prieuré, situé près de la Rivière.


Au XIème siècle, des moines de Cluny élèvent ici une église sous le vocable "ND des Eglises" et un prieuré, sur des vestiges de bâtiments bien plus anciens, notamment un lieu de culte gallo-romain consacré à Jupiter et Mercure et une église du IXème ou Xème siècle





Piliers cruciformes ornés de marques de tâcherons. 


Fin du XIVème siècle, le prieuré est ruiné. Les quelques moines qui y résident reconstruisent une chapelle qui servira d'Eglise paroissiale jusqu'à la Révolution et la construction de l'église St Blaise dans le village.




Après cette petite pause culturelle et architecturale, continuons le chemin et descendons les escaliers en bois à gauche de la route sous les arbres. On traverse un ruisseau, un sous-bois puis longeons des vignes. Ce chemin nous mène directement au Pègue :





Que nous pouvons enfin visiter plus longuement, en montant par exemple à l'église :







ou  admirer la chapelle Ste Anne située au milieu du cimetière et dernier vestige d'un couvent. Elle est bâtie sur des vestiges romains, une véritable cité antique.





Chapelle Sainte Anne





Voilà, ici se termine une petite balade très intéressante d'environ 7km. Le balisage manque par endroit, mais avec la fiche rando (office de tourisme de la région), et maintenant mes explications, et la carte ci-dessous, vous n'avez pas d'excuses !



Et s'il vous reste encore du temps, il y a encore le musée archéologique du Pègue à aller visiter.


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