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Depuis le printemps 2008 je partage ici en photos mes balades pour vous faire découvrir ces deux beaux départements voisins, différents mais complémentaires, que sont la Drôme et l'Ardèche.

La liste des balades présentées géographiquement se trouve dans les onglets en haut de la page. Elles sont de niveau facile en majorité, le contraire est précisé.

Bonne balade ici et ailleurs.


D'autres photos de la région (et ailleurs parfois) avec moins de texte sur mon blog photos


Mention expresse est faite ici que je suis l'auteure de chacune des photographies mise en ligne sur ce blog et signées "LENA26" ou "lenabalades"

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jeudi 6 octobre 2011

Alba la romaine : le site antique (journée du patrimoine 2011) - (Ardèche)


 C'est une jeune guide très sympathique du conseil général qui nous accueille en cette journée du patrimoine sur le site antique d'Alba Helvorum, capitale au 1er siècle av. JC des Helviens, peuple gallo romain dont le territoire correspond au sud du département de l'Ardèche.


L'occupation antique sous la plaine viticole d'Alba était connue depuis plusieurs siècles. En travaillant la terre les agriculteurs remontaient des fragments de marbre ou de statue. C'est dans les années 1980 lors de la restructuration du cépage que débute une ère de fouilles archéologiques qui permettent de dégager un centre monumental avec des édifices publics et des temples.

 


Un centre économique est également mis à jour avec ces boutiques qui longent le cardo maximus, la voie principale nord sud.



Le cardo : les pierres reconstituées sont volontairement de couleur différentes des pierres originales afin de pouvoir distinguer le vrai du reconstitué.







Trous de louve sur les pierres de dallage pour faciliter le transport et la mise en place.


On peut estimer la superficie de la ville par rapport aux nécropoles retrouvées puisqu'elle étaient situées en périphérie. De même on peut estimer le nombre d'habitants par rapport à la capacité d'accueil du théâtre qui était de 3000 places.

Le théâtre a la particularité d'être traversé par le ruisseau du Massacre. A l'époque la scène enjambait le ruisseau.




Au IVème siècle après JC Alba devient siège épiscopal.
Le problème avec le site d'Alba c'est qu'après le transfert de l'évéché à Viviers à la fin du Vème siècle, le site n'a pas été abandonné. De ce fait les matériaux des constructions gallo romaines ont été réemployées et il ne reste que peu de vestiges architecturaux sur le site.

Ainsi, pour matérialiser aux yeux des visiteurs le plan architectural de l'époque, certains bâtiments sont délimités au sol par des minéraux de différentes couleurs.






Et pour conclure cette journée sur un thème identique, nous était proposé en fin de visite un spectacle gratuit que l'on peut présenter ainsi :

Agrippine, mère de Néron, cherche son fils parmi le public. Malheureusement pour eux, elle est myope...





Un important chantier de revalorisation du site est en cours. A terme devrait voir le jour un musée archéologique présentant les vestiges retrouvés sur le site antique.



mercredi 14 septembre 2011

Marcols les Eaux : les eaux minérales (Ardèche)

L'article précédent vous racontait combien l'eau fut nécessaire dans un premier temps au village pour faire fonctionner les nombreux moulinages installés sur la commune de part et d'autre de la rivière la Gluyère


 


 
Mais si la commune de Marcols est pourvue de la terminaison "les eaux", c'est surtout que par le passé, cinq sources d'eaux minérales, toutes situées en bordure de la rivière, ont été exploitées : la Gauchère, la Janvier, la Lion, la Salomon

 


  


et la plus ancienne la St Julien, autorisée en 1872. Les eaux de Marcols s'exportèrent jusqu'en Egypte et au Tonkin. La St Julien se vendait dans les pharmacies ou les magasins spécialisés.


La source Janvier : le petit bâtiment qui abrite le puits d'extraction est laissé libre à la visite par le propriétaire.







Recommandée contre la dyspepsie (?), la gastralgie (?), la chlorose, l'anémie, les engorgements abdominaux, la dysenterie, les calculs biliaires, le catarrhe bronchique et vésical, la scrofule, le rhumatisme...

Après la seconde guerre mondiale, il faut automatiser, faire face à la concurrence, affronter une règlementation toujours plus stricte... En 1953 seuls 7 employés suffisent à produire les 2 millions de bouteilles du site. En 1970 face aux géants du secteur, la dernière bouteille d'eau minérale de Marcols est produite.

Pour goutter l'eau de nos jours il vous faudra faire le petit effort de tourner la manivelle pour pomper :




 

L'eau minérale de Marcols est très minéralisée en manganèse et le gout de fer ne passe pas inaperçu. Elle est également naturellement gazeuse.

Les autres sources sont toujours localisées mais inaccessibles car murées ou sur un terrain privé.

Près de 150 points d'arrivées d'eaux minérales ont été recensées dans le parc naturel régional des Monts d'Ardèche.Pour les plus connues actuellement exploitées citons Arcens ou Vals mais il y a aussi Reine des Basaltes qui prends sa source à Asperjoc, ou la Ventadour des sources du Pestrin à Meyras.


Pour aller voir la source janvier et une exposition sur les eaux minérales : hameau La Gauchère à gauche (!) à l'entrée de Marcols en venant d'Albon.



Quelques photos du village de Marcols et des environs :


Après l'élevage d'Ovin, la commune vit de la culture de châtaignes et de myrtilles.

Digitale pourpre












Un air du canal du "Château de ma mère"

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mardi 23 août 2011

Marcols les Eaux : le moulinage de la Neuve (Ardèche)


Marcols les Eaux au cœur du département de l'Ardèche, est le village le plus occidental du canton de St Pierreville situé au nord Ouest de celui de Privas. Il est situé au sud des Boutières, dans la vallée de la Glueyre à 730 mètres d'altitude, entre le village d'Albon au nord et celui de Mezilhac à l'Ouest.




C'est un village essentiellement rural qui vit de l'élevage ovin, la culture de la châtaigne et de la myrtille. A cela je me dois d'ajouter la maison de retraite puisqu'elle abrite tout de même 1/3 des 300 habitants du village.

Châtaigneraie à Marcols



Si la terre est importante pour l'économie du village que ce soit par rapport à la culture de la châtaigne (et également des pêchers dans les années 1970) ou à l'élevage ovin , l'eau eut également une place prépondérante dans le passé.



En effet l'activité du moulinage qui employa en Ardèche jusqu'à 15 000 personnes faisant du secteur textile le 1er employeur industriel du département, doit son implantation sur la commune ainsi que sur les communes alentours aux nombreux cours d'eaux qui dévalent les pentes ardéchoises. C'est en effet une roue hydraulique qui capte l'énergie nécessaire au fonctionnement du moulinage.
Deux autres raisons ont facilité l'implantation de cette industrie dans la région :
- celle-ci est située idéalement entre les zones de production du ver à soie et de ses cocons (Ardèche méridionale et Cévennes) et la région lyonnaise, spécialisée dans le tissage et la confection des tissus.

- une main d'œuvre importante et notamment féminine parmi les enfants des familles rurales, l'Ardèche connaissant alors une forte croissance démographique.

C'est donc tout naturellement qu'au milieu du 18ème l'activité du moulinage s'implante en Ardèche. L'association "Moulins et Moulinages de la Glueyre" a pour objectif de sauvegarder et valoriser le patrimoine soyeux de la vallée et grâce à son action, le Moulinage de la Neuve, crée en 1860 sur la rivière la Glueyre, est le seul de la vallée à être en état de fonctionner. 


Lors de votre visite, votre guide vous en fera la démonstration. Les autres moulinages ont pour la plupart étaient reconvertis en habitation, notamment pour en faire des gites.

Le moulinage n'est qu'une étape dans la fabrication du tissu. Les ouvrières reçoivent des écheveaux de la filature et transfère la soie sur des roquets. C'est l'opération de "dévidage". 




Ensuite le fil subit une torsion, c'est le moulinage, torsion simple ou avec plusieurs brins (c'est l'opération de "doublage": les fils de deux roquets sont transférés sur une même bobine).
 


Toutes les machines seront mises en route devant vous afin d'effectuer une démonstration de ces différentes opérations.



























En 1920 un moteur diesel a été installé pour pallier le déficit d'eau en période creuse, ajoutant un peu plus au bruit ambiant des machines. Puis ce fut l'électricité vers 1940.



Les engrenages


Le plus grand des engrenages est arrivé en deux parties et a dû être boulonné sur place. Les pignons ont tous des dents en métal sauf un dont les dents sont en bois et ceci pour plusieurs raisons :
 
- si les pignons cassent, il est plus aisé de les remplacer. Le menuisier du coin en avait toujours un jeu de rechange en cas de besoin,

- d'un point de vue acoustique le bois est moins bruyant,


- enfin cet engrenage faisait office de fusible. Si pour une raison quelconque la machine s'emballait, les pignons en bois sautaient permettant au système de s'arrêter sans intervention humaine. 




La salle des machines possède un plafond vouté ce qui permet de conserver l'humidité.
 


En effet il faut un taux d'humidité de 85 % et une température de 20 à 25° pour pouvoir travailler la soie. A défaut le fil devient cassant et s'électrise.
 
Au début on mouillait régulièrement le sol, puis il y eu cet humidificateur électrique, toujours en état de marche, qui projette des gouttelettes alentours dans un vacarme supplémentaire.

 
L'activité a décliné avec la maladie des vers à soie et la concurrence. Avec la maladie, les mouliniers faisaient venir la soie d'Asie. Après la soie, le moulinage de la Neuve a continué à travailler la viscose puis le nylon. Il a arrêté définitivement son activité en 1967.



Pour des explications plus complètes et plus de photos, voir directement le site du Moulinage de la Neuve ici ou aller le visiter ! 

La visite se fait en juillet et aout, le mercredi et le dimanche à 15h00 et 16h30.  


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vendredi 5 août 2011

Rochemaure : le pont suspendu (Ardèche)




Le vieux pont de Rochemaure fut construit en 1858, pour remplacer le premier qui datait de 1842 et qui avait été emporté par une crue. Auparavant il fallait traverser le Rhône sur un bac à traille.




On voit bien avec ses tours et ses créneaux que l’architecte à choisi d’intégrer ce pont suspendu dans l’esprit médiéval du site de Rochemaure.

  
En 1944 il est détruit par plusieurs bombardements et ne rouvre qu’en 1946 mais avec une largeur réduite et seulement pour les poids inférieurs à 3,5 t. Des fils électriques permettaient d’alimenter un feu tricolore. La voie s’étant réduite, on ne circule plus que dans un sens par intermittence.
 

En 1968 un camion chargé de 35 tonnes de ciment emprunte par mégarde le pont et le tablier céda sous son passage.Voir sur ce blog très intéressant des photos d’époque impressionnantes : ici et ici.

C’est à partir de ce fâcheux évènement que le pont fut interdit à la circulation des automobiles, seuls les piétons et les deux roues eurent le droit de le traverser, obligeant les voitures et camions à faire un détour par le pont de Le Teil pour aller à Montélimar. Cette situation dura jusqu’en 1978, date de construction du pont actuel.


En 1982 un manifestant contre la centrale nucléaire de Cruas met le feu au pont et il fut définitivement fermé au public.
Bref, tout ces faits permettent de comprendre le triste état dans lequel il est aujourd’hui.





A ma connaissance ce pont n’est pas classé. C’est bien dommage et de surcroit étonnant. Une association de sauvegarde s'est créée mais faute de fonds le pont à continué à se dégrader. Le montant des travaux de restauration atteint les quatre millions d'euros.

Heureusement l’espoir renait avec le projet de voie verte du Léman à la mer dont j’ai déjà parlé ici puisqu’il prévoit une traversée du Rhône sur ce pont qui sera donc ouvert à la circulation piétonne et cycliste comme par le passé.



Le jour de la prise de vue, une œuvre d'art était exposée devant le pont, dans le cadre des sentiers du Rhone. Il s'agit d'une oeuvre de Claudie Solvier intitulée "un arbre au creux de ma main". La main est ici comparée aux branches des arbres, les doigts en sont le prolongement.








Mise à jour du 31 mars 2013

Photos du pont en cours de rénovation. Il accueillera bientôt les câbles de la nouvelle passerelle dans le cadre du projet ViaRhôna






Mise à jour du 27/08/13


Depuis le 14 juillet 2013, après 30 années d'abandon et quelques mois de travaux, le pont de Rochemaure est rouvert à la circulation des piétons, grâce aux grâces de différents financeurs publics et privés qui ont souhaité l'intégrer dans le projet de voie verte ViaRhôna.











Les cyclistes peuvent l'emprunter mais leur vélo à la main (pas souvent respecté).






 Il s'agit d'une passerelle himalayenne dont la technique s'inspire des passerelles de lianes asiatiques et africaines.











Amateurs de frissons, allez la traverser un jour de grand Mistral vous serez comblés. 


Barrage hydroélectrique de Rochemaure



Quelques règles de précaution sont à respecter




Des restes de l'ancien pont sont exposés à la mémoire collective









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