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Depuis le printemps 2008 je partage ici en photos mes balades pour vous faire découvrir ces deux beaux départements voisins, différents mais complémentaires, que sont la Drôme et l'Ardèche.

La liste des balades présentées géographiquement se trouve dans les onglets en haut de la page. Elles sont de niveau facile en majorité, le contraire est précisé.

Bonne balade ici et ailleurs.


D'autres photos de la région avec moins de texte sur mon blog photos


Mention expresse est faite ici que je suis l'auteure de chacune des photographies mise en ligne sur ce blog et signées "LENA26"

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mercredi 21 novembre 2012

Condorcet : le village ruiné (Drôme)

L'histoire du vieux village de Condorcet ressemble à celles de nombreux villages perchés : les villageois se regroupent sur les hauteurs pour se protéger, défendus par le seigneur d'un château fortifié. Puis dans les temps pacifiés et modernes, le manque d'eau et le besoin de se rapprocher des moyens de communication amorcent un mouvement d'abandon progressif de la part de la population.

Il y a trois ans lors d'une balade, notre itinéraire nous avait donné un aperçu de ce village mais le temps nous avait fait défaut pour une visite complète.

Trois ans plus tard nous repartons enfin pour découvrir de plus près les ruines de ce site. Nous nous garons à l'église du Condorcet moderne (construite en 1881) pour monter au vieux village à pied, même si quelques places de parking sont disponibles là-haut.

















Du village il faut prendre la direction du hameau de St Pons et suivre la route peu fréquentée.



 
Nous arrivons en vue du vieux village :







 Un riverain aux longues oreilles qui semble égaré nous accueille. Le gibier peut souffler un instant.





Au moyen-âge Condorcet est d'abord une place religieuse avec l'édification d'un prieuré dédié à St Pierre. Le château fort sera bâti ultérieurement à la pointe de la butte. Le fief appartiendra à plusieurs familles dont les Montauban et les Baux.

Au XVIème siècle le site devient la propriété de la famille de Caritat dont une branche engendra le célèbre Marquis antoine Caritat de Condorcet qui eut le rôle que l'on connait lors de la Révolution Française.


Nous entrons sur le site :


 


Nous sommes sur l'ancienne place publique. Ici se tenait l'église.


Pendant les guerres de religion Condorcet n'est pas épargné, d'autant que l'un des seigneurs embrassa la Réforme. L'église est détruite. Une nouvelle église sera reconstruite cette fois consacrée à st Jean-Baptiste. On en voit encore les vestiges d'un angle. 

L'endroit est très agréable, exposé au sud-est, comme le village tout entier. Une table pour pique-nique, un banc et une fontaine nous accueillent agréablement.





L'eau justement, une étude des archives révèlent que l'approvisionnement en eau du village posait régulièrement problème.







On emprunte ce qu'il reste d'une rue, tout en imaginant difficilement l'enchevêtrement de maisons qui existait ici ainsi qu'une activité villageoise. L'endroit est désert, nous serons seuls tout le temps de la visite.

Le parcours nous fait arrêter devant plusieurs panneaux pédagogiques en rapport avec la géographie, l'agriculture, la géologie et l'histoire des lieux.










On accède à la butte fortifié ou ce qu'il en reste. L'accès est peu pratique car très pentu. Une corde propose de l'aide mais l'on se rendra compte au retour qu'elle est surtout précieuse dans le sens de la descente. 

Dès l'arrivée une table d'orientation nous offre ses services en guise de récompense. 













Vestiges de murailles



























Légèrement plus haut après avoir marché sur un éboulis de pierres, on accède aux vestiges de la tour (le donjon ?) par l'arrière,





dans laquelle on peut entrer (à vos risques et périls en cas de chutes de pierres) pour apercevoir les vestiges d'une voute. 



 






















Au Sud et à l'ouest un à pic-naturel  protégeait les lieux.  




Le site dominait la vallée et les voies de communications. La route en contrebas, même si on a du mal à le croire est la route historique qui menait à Dieulefit avant le 20ème siècle.



Vue au Nord


L'inconfort du vieux village, trop haut, trop aride, et la création d'une route dans la vallée du Bentrix pour remplacer l'ancien chemin de Dieulefit va amorcer le mouvement d'abandon du village par ses habitants. En 1881, année où l'on construit la nouvelle église dans la vallée au lieu appelé "La Bégude" il n'y a plus que 16 maisons habitées. Le dernier habitant quitte définitivement le village en 1915. 

Le parcours dans le sens de la redescente nous fait passer devant le vieux cimetière dont je ne risque pas de manquer la visite. C'est le seul élément encore debout et bien conservé du vieux village.









En repartant je pense voir les vestiges de l'ancienne porte du village. Les remparts furent démolis par Louis XII en 1622.



On peut rapprocher ainsi l'histoire de ce village à celle du vieux village d'Allan dont les habitants délaissèrent également l'inconfort du village perché pour déménager dans la plaine dans un lieu également appelé "la Bégude", là où l'on va boire, où l'on va chercher l'eau.  

lundi 5 novembre 2012

Le château d'Aulan (Drôme)

De Montbrun les bains, pour continuer nos visites dans la région, nous prenons la direction d'Aulan. La petite route suit le Toulourenc, ruisseau dont le nom vient de l'expression "tout ou rien" et en cette fin d'été c'est plutôt le "rien" qui s'applique. A la sortie des gorges, dans un paysage aride et dépouillé, jaillit soudainement sur une colline le château d'Aulan, but de notre visite. 



La place devant le château est aussi l'unique place du village qui se trouve plutôt être aujourd'hui un ensemble de fermes dispersées. 







 

Le château d'Aulan fut construit au 12ème siècle par les seigneurs de Mévouillon dans un but stratégique. De l'éperon rocheux où se trouve le château d'Aulan on contrôlait l'entrée du défilé et donc l'accès à leur territoire. De là on pouvait communiquer par signaux jusqu'au fort de Mévouillon au loin. 



Par la suite au XVIIème siècle le château devint propriété de la famille Suarez d'Aulan qui le possède encore aujourd'hui. Les pièces du château sont garnies de meubles et de souvenirs hétéroclites rassemblés là par les nombreuses générations de cette grande famille.



 


















 A chaque objet, chaque tableau se rapporte une histoire que notre guide nous contera. La famille vit encore ici de temps en temps et c'est pourquoi je ne peux vous présenter aucune photo de l'intérieur de cette demeure privée.


 

 Le décor et les meubles de la salle à manger semble être une mise en scène mais notre guide nous confirme que la famille y prend réellement son déjeuner quand elle est au château. Au mur, des tableaux puis des photos des ancêtres, des membres de la famille. Comme toute grande famille se doit, ils ont tous une histoire qui sort de l'ordinaire. 



Le château d'Aulan a maintes fois été détruit : pillages, incendies, Révolution, première guerre mondiale... A chaque fois il fut réparé, reconstruit, rénové par les membres successifs de cette dynastie, en particulier le comte Charles Suarez d'Aulan décédé en 2004 qui s'est vu confier la restauration du château après la Grande Guerre et qui entreprit de reboiser la région en introduisant les premiers pins d'Autriche noirs.















 





Notre guide en ce mois de septembre est l'une des 5 habitants à l'année que compte le village. Elle vous racontera que l'un des ancêtres cotoya Napoléon III dont il fut l'écuyer, que lors de la deuxième guerre mondiale le château fut un QG de la résistance, qu'il accueillit Jean Giono et René Char.

Elle vous fera visiter la petite église St Jacques richement décorée et vous contera avec humour l'histoire de ce bon curé d'Aulan, Jules Dugué qui se distingua dès sa première messe et dont de savoureuses anecdotes furent contés par Fernandel lui-même.



 
Notre guide mérite une mention spéciale. Habitante du village elle connait personnellement les membres de la famille et parle forcement avec la tête et le cœur de choses qu'elle a vécues, d’anecdotes que lui a confiées le comte Charles d'Aulan, les singularités de la vie dans un des plus petits villages de France, et tout cela restitué avec générosité - n'hésitant pas à nous confier des informations personnelles - et humour, servi d'une voix sympathique, franche appuyée par l'accent local. Et ce fut un plaisir en fin de parcours de "ne pas oublier le guide" qui l'avait bien mérité. 
























C'est pour cette raison que je vous recommande la visite hors saison, en juillet et aout la fonction de guide étant assurée par des étudiants qui certes sont nul doutes compétents mais ne possèdent pas la richesse du vécu. Avant son décès en 2004, c'est le Comte lui-même qui effectuait la visite.






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